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GUIDE · ENSEIGNANTS

Cadre d'usage de l'IA de l'Éducation nationale : comment l'appliquer pour préparer ses cours

Le cadre d'usage de l'IA en éducation, publié par le ministère de l'Éducation nationale le 14 juin 2025, autorise les enseignants à utiliser des IA grand public pour préparer leurs cours, sous leur responsabilité et sans aucune donnée personnelle. Voici comment appliquer ses règles, étape par étape.

Salle de classe vide avec des tables, des chaises, un tableau blanc et un vidéoprojecteur fixé au plafond
Salle de classe 307 du lycée Carriat, à Bourg-en-Bresse, en janvier 2022. Photo : Benoît Prieur, CC0 1.0, via Wikimedia Commons

En bref

  • Le cadre autorise tout enseignant à utiliser des IA accessibles au grand public pour ses tâches pédagogiques, sous sa responsabilité, à condition de vérifier les productions et de les croiser avec d'autres sources.
  • Seules des données qui peuvent être rendues publiques (textes et programmes officiels, ressources éducatives libres, données statistiques anonymisées, œuvres du domaine public) peuvent être saisies dans ces outils.
  • Les élèves ne manipulent pas d'IA générative avant la 4e ; au lycée, ils peuvent s'en servir en autonomie dans un cadre explicitement défini par l'enseignant.
Niveau
Débutant
Durée
30 min
Outils nécessaires
Assistant conversationnel d'IA générative (grand public ou fourni par l'institution), Programmes officiels et ressources éducatives libres

En une phrase : Depuis le 14 juin 2025, un enseignant peut utiliser une IA grand public pour préparer ses cours, à condition de n'y saisir que des données publiques, de vérifier chaque résultat et d'en assumer la responsabilité.

Le ministère de l'Éducation nationale a publié le 14 juin 2025 son cadre d'usage de l'IA en éducation. Selon le communiqué de presse du ministère, il a été construit au terme d'une consultation menée de janvier à mai 2025, qui a recueilli « plus de 500 contributions ». Le texte pose un principe simple : « L'usage de l'IA est autorisé en éducation dès lors qu'il respecte le cadre ici défini. » Ce guide reprend ses règles une par une et propose une façon de les appliquer à la préparation des cours. Il s'adresse aux enseignants qui utilisent déjà un assistant conversationnel, c'est-à-dire un service fondé sur un modèle de langage, ou qui envisagent de le faire. Retrouvez les autres guides métier dans la rubrique Outillés et ceux consacrés à l'enseignement dans Outillés : enseignants.

Ce que dit le cadre d'usage pour les enseignants

Pour les tâches pédagogiques, le cadre d'usage est explicite : « tout enseignant peut utiliser des IA accessibles au grand public, sous sa responsabilité sachant que, comme toute donnée ou information utilisée à des fins d'enseignement, les productions générées par l'IA doivent être vérifiées et croisées avec d'autres sources ». Il cite la préparation de cours, l'évaluation et la correction parmi ces tâches. Les mêmes règles de contrôle et de vigilance valent pour les tâches administratives de tous les personnels d'un établissement.

La limite principale concerne les données. Le cadre autorise les services grand public « sous réserve qu'aucune donnée confidentielle ou à caractère personnel ne soit utilisée ». Il précise : « ne peuvent ainsi être saisies dans de tels outils que des données qui peuvent être rendues publiques (notamment : textes et programmes officiels, ressources éducatives libres, données statistiques anonymisées, œuvres du domaine public) ». L'affiche de synthèse publiée sur Éduscol en donne la raison : « Les services d'IA accessibles au grand public ne garantissent pas la non réutilisation des données saisies. »

Le cadre ajoute une interdiction nette : « Aucun membre du personnel ne doit demander aux élèves d'utiliser des services d'IA grand public impliquant la création d'un compte personnel », lit-on dans le texte du ministère. Il recommande aussi de privilégier les solutions libres et un usage frugal : selon le cadre, « l'IA ne doit être utilisée que si aucune autre solution moins coûteuse écologiquement ne répond de façon satisfaisante au besoin ». Une note du même document indique que la production d'une réponse textuelle est « en moyenne 10 fois plus énergivore qu'une requête sur un moteur de recherche ».

Dernier principe : la transparence. Toute décision qui s'appuie sur l'IA et a un impact significatif sur l'évaluation des apprentissages ou le parcours des élèves doit faire l'objet d'une supervision humaine et d'une validation préalable par l'autorité compétente, rappelle le cadre en s'appuyant sur le règlement européen sur l'IA.

Mode d'emploi : préparer un cours dans les règles

Étape 1 : se demander si l'IA est utile. L'affiche d'Éduscol le formule ainsi : « n'utilisez l'IA que lorsqu'une plus-value pédagogique est avérée », et renoncez-y si une solution plus sobre, comme une simple recherche sur le web, répond à votre besoin.

Étape 2 : préparer une matière première publique. Avant d'ouvrir l'outil, rassemblez ce que vous lui fournirez : l'extrait du programme officiel, un texte du domaine public, une ressource éducative libre. Le cadre ne mentionne pas les copies d'élèves, les appréciations ou les noms parmi les données saisissables : laissez-les hors de l'outil grand public.

Étape 3 : rédiger une requête précise. Le prompt est la consigne donnée à l'outil. Plus il précise la discipline, le niveau et le résultat attendu, plus la réponse est exploitable. Voici trois modèles de prompts à adapter, non testés par Le Latent : remplacez les crochets par vos propres éléments, sans jamais y ajouter d'information sur un élève.

Tu es un assistant de préparation de cours. Je suis professeur de [discipline] en classe de [niveau]. Voici l'extrait du programme officiel que je dois traiter : [coller l'extrait du programme]. Propose une progression en [nombre] séances. Pour chaque séance, indique l'objectif, une activité et la trace écrite attendue. Pour chaque affirmation factuelle, donne une source que je pourrai vérifier.
À partir de ce texte du domaine public : [coller le texte], rédige trois versions d'un même questionnaire de compréhension : une version guidée, une version standard et une version d'approfondissement. Donne le corrigé à part. Signale les questions dont la réponse ne figure pas explicitement dans le texte.
Rédige un courrier aux familles d'une classe de [niveau] pour présenter une sortie pédagogique au [type de lieu]. Ton sobre, une page au plus, aucun nom propre : je compléterai moi-même la date, le lieu exact, les horaires et les modalités.

Étape 4 : vérifier et croiser. Un modèle de langage peut produire des erreurs présentées avec assurance, ce qu'on appelle une hallucination. Le cadre cite ce risque d'« inexactitudes voire de réponses fausses ». L'affiche demande de renoncer à l'IA « si vous ne pouvez pas évaluer le résultat en matière d'exactitude factuelle, de pertinence des références citées et d'impartialité du point de vue ». Contrôlez chaque date, chaque définition et chaque référence avec le manuel, le programme ou une source institutionnelle.

Étape 5 : rester transparent. Si l'IA intervient dans une décision, l'affiche demande de le signaler « en indiquant clairement la façon dont elle a été utilisée et, dans la mesure du possible, en précisant le type d'outil utilisé ».

Ce que le cadre prévoit pour les élèves

Le cadre fixe une progression par niveau. Dès le premier degré, les élèves sont sensibilisés aux connaissances de base sur les IA, « mais sans manipuler directement des services d'IA générative ». L'utilisation pédagogique par les élèves, encadrée et accompagnée par l'enseignant, est autorisée en classe à partir de la 4e. Au lycée, les élèves peuvent les utiliser « de manière autonome dans un cadre d'apprentissage et de formation explicitement défini par l'enseignant », précise le texte du ministère.

Pour les devoirs, la définition de la fraude est écrite noir sur blanc dans le cadre : utiliser une IA générative pour réaliser tout ou partie d'un devoir, « sans autorisation explicite de l'enseignant et sans qu'elle soit suivie d'un travail personnel d'appropriation à partir des contenus produits, constitue une fraude ». Le même texte déconseille les détecteurs : « l'utilisation des logiciels de détection de contenus générés par l'IA n'est pas recommandée, car elle pourrait pénaliser à tort un élève ». Il invite le conseil des maîtres et le conseil pédagogique à adapter la politique de devoirs et d'évaluation « en mettant au premier plan le raisonnement et la résolution de problème ».

Concrètement, si vous autorisez l'IA pour un travail, dites-le par écrit dans la consigne et précisez ce qui est attendu de l'élève après usage de l'outil : reformulation, justification, sources vérifiées. C'est cette autorisation explicite, suivie d'un travail d'appropriation, qui distingue un usage permis d'une fraude au sens du cadre.

Les points à vérifier dans votre établissement

Le cadre s'applique avec l'accompagnement du directeur d'école, du chef d'établissement et des corps d'inspection. Avant de généraliser un usage, renseignez-vous sur les outils mis à disposition par votre académie ou votre établissement, sur la position du conseil pédagogique en matière de devoirs, et sur le projet d'évaluation au lycée, que le cadre conseille d'adapter à ces usages. Le texte prévoit aussi qu'une démarche de formation à l'IA et à son usage pédagogique soit proposée à chaque enseignant.

Dans la même rubrique : IA à l'université : ce que les chartes de Clermont Auvergne et de Picardie autorisent aux étudiants et Créateurs : quand et comment signaler une vidéo générée par IA sur YouTube et TikTok.

Étapes

  1. Vérifier que l'IA apporte une plus-value

    Le cadre demande de renoncer à l'IA si une solution moins coûteuse écologiquement, comme une simple recherche sur le web, répond au besoin.

  2. Ne saisir que des données publiques

    Dans un outil grand public, ne coller que des textes et programmes officiels, des ressources éducatives libres, des statistiques anonymisées ou des œuvres du domaine public : aucun nom, aucune copie, aucune information sur un élève.

  3. Rédiger une requête précise à partir d'un modèle

    Partir d'un modèle de prompt, indiquer la discipline, le niveau et l'extrait de programme, et demander des sources vérifiables.

  4. Vérifier et croiser chaque production

    Relire l'exactitude, la pertinence des références et l'impartialité du résultat, et le comparer avec d'autres sources avant tout usage en classe.

  5. Être transparent et adapter devoirs et évaluations

    Signaler l'usage de l'IA dans toute décision, expliquer aux élèves ce qui constitue une fraude et éviter les logiciels de détection.

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Sources primaires

  1. L'IA en éducation : cadre d'usage — Ministère de l'Éducation nationale (document relayé par l'académie d'Orléans-Tours), publié le 14 juin 2025 · consulté le
  2. Cadre d'usage de l'IA en éducation (affiche de synthèse) — Ministère de l'Éducation nationale (Éduscol) · consulté le
  3. Communiqué de presse : publication du cadre d'usage de l'intelligence artificielle en éducation — Ministère de l'Éducation nationale (document relayé par l'académie d'Orléans-Tours), publié le 14 juin 2025 · consulté le

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Publié sous la direction éditoriale de Bastien Hugon. Méthode éditoriale et usage de l'IA

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