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Muse Spark Open : Meta publie un modèle à poids ouverts, ce qui ne fait pas de lui un modèle open source
Meta a publié le 15 octobre 2026 Muse Spark Open, un modèle dont chacun peut télécharger les poids. Sa licence maison pose des conditions et ses données d'entraînement ne sont décrites qu'à grands traits : c'est un modèle à poids ouverts, pas un modèle open source au sens de la définition de référence.

En bref
- Muse Spark Open, publié par Meta le 15 octobre 2026, compte environ 816 milliards de paramètres, dont 42 milliards actifs par token, et accepte texte, images, audio et vidéo.
- Sa licence autorise l'usage commercial, mais impose la mention « Built with Muse Spark Open » et un accord séparé avec Meta pour les services d'IA dépassant 20 millions de dollars de chiffre d'affaires annuel.
- La définition de l'IA open source de l'Open Source Initiative exige aussi le code complet d'entraînement et des informations détaillées sur les données ; la fiche du modèle ne donne qu'une description générale des données.
Muse Spark Open, publié par Meta le 15 octobre 2026, est un modèle à poids ouverts : tout le monde peut télécharger le « cerveau » numérique du modèle, le faire tourner sur ses propres machines et l'adapter. Mais ce n'est pas un modèle open source au sens strict, car sa licence pose des conditions et Meta ne fournit qu'une description générale de ses données d'entraînement. La nuance compte pour les entreprises qui veulent bâtir un produit dessus.
En une phrase : Un modèle à poids ouverts se télécharge et se réutilise dans les limites de sa licence ; un modèle open source fournit en plus de quoi comprendre et reproduire son entraînement, sans restriction d'usage.
Ce qui est annoncé
Selon la fiche publiée par Meta sur Hugging Face, datée du 15 octobre 2026, Muse Spark Open compte environ 816 milliards de paramètres, dont 42 milliards seulement sont activés pour chaque token traité. Cette architecture dite « mélange d'experts » répartit le travail entre des sous-réseaux spécialisés : d'après Hugging Face, 8 experts sur 256 travaillent pour chaque token. Le modèle est multimodal : il accepte du texte, des images, du son et de la vidéo, et répond par écrit. Sa fenêtre de contexte, la quantité d'informations qu'il peut prendre en compte d'un coup, atteint un million de tokens.
D'après le billet de Hugging Face consacré à sa sortie, Meta l'a entraîné en priorité pour la programmation « agentique », c'est-à-dire la capacité à mener seul des tâches en plusieurs étapes, comme réorganiser un code réparti sur plusieurs fichiers ou mener de longues sessions de débogage. Alexandr Wang, responsable de l'IA chez Meta, l'a présenté comme « the most capable US open-weight model to date » (« le modèle à poids ouverts américain le plus performant à ce jour »), rapporte l'AFP.
La précision « américain » n'est pas anodine. Selon l'AFP, les développeurs chinois se sont imposés ces dernières années comme les leaders de ce marché, avec les familles Qwen (Alibaba), Kimi (Moonshot AI) et GLM (Z.ai). La lettre spécialisée The Batch, de DeepLearning.AI, indique que le modèle obtient un score de 39 à l'Intelligence Index d'Artificial Analysis, un classement tiers, ce qui le place au septième rang des modèles à poids ouverts et au premier rang des modèles américains, derrière notamment GLM-5.3 et MiMo-V2.6-Pro.
Ce lancement s'inscrit dans un changement de cap. Meta avait lancé en avril son modèle Spark, rompant avec sa famille Llama, rappelle l'AFP. Quelques jours avant Spark Open, l'entreprise avait présenté deux modèles fermés, Muse Wonder (accessible par son API) et Muse Wonder Full (réservé à un abonnement), selon The Batch.
Poids ouverts ou open source : la différence
Les « poids » sont les milliards de valeurs numériques fixées pendant l'entraînement : c'est le modèle lui-même. Les publier permet de l'utiliser sans passer par les serveurs de l'entreprise qui l'a créé. Mais cela ne dit rien de la façon dont il a été fabriqué.
L'Open Source Initiative, l'organisation qui fait référence pour définir le logiciel libre, a publié une définition de l'IA open source, en version 1.0. Elle exige quatre libertés : utiliser le système pour n'importe quel usage « sans avoir à demander la permission », l'étudier, le modifier et le partager. Elle demande aussi de fournir trois éléments : les paramètres (les poids), le code complet utilisé pour entraîner et faire tourner le système, et des informations suffisantes sur les données d'entraînement pour qu'une personne compétente puisse construire un système « substantiellement équivalent ». Le glossaire revient sur ces notions.
Muse Spark Open ne coche pas toutes ces cases. Sa fiche se contente d'indiquer que les données d'entraînement mêlent textes, images, sons et vidéos issus de sources publiques, de collectes sur le web, de tiers, des produits de Meta et de données synthétiques, sans les publier. Et la licence encadre l'usage.
Une divergence est à noter : The Batch résume la licence comme autorisant l'usage « for up to $20 million of revenue » (jusqu'à 20 millions de dollars de chiffre d'affaires). Le texte de la licence, lui, limite ce seuil aux seules offres de « modèle en tant que service » ; l'usage interne, la recherche et l'intégration dans un produit qui n'est pas un tel service en sont exclus.
Disponibilité en France
La licence ne contient aucune restriction liée à l'Union européenne : pour un licencié situé dans la « région européenne », le cocontractant est Meta Platforms Ireland Limited. Encore faut-il disposer du matériel. Selon Hugging Face, la version en pleine précision (BF16) pèse environ 1,5 téraoctet ; une version compressée (format NVFP4) fonctionne sur un seul serveur à base de puces Nvidia B200. Hugging Face mentionne aussi des versions très compressées essayées sur un Mac équipé d'une puce M3 Ultra et de 512 Go de mémoire, à environ 18 à 21 tokens par seconde. Meta affirme qu'on peut le faire tourner sur deux Mac Studio équipés de la puce M5 Ultra, rapporte l'AFP. Ce modèle reste donc l'affaire d'entreprises, de laboratoires ou de passionnés très bien équipés.
Ce que ça change pour toi
Pour le grand public, rien d'immédiat : Muse Spark Open n'est pas une application. Pour une entreprise ou une administration française, c'est une option de plus pour héberger un modèle puissant sur ses propres serveurs et garder la main sur ses données, aux côtés de modèles européens comme Mistral Large 4, de Mistral AI, ou de modèles sous licence plus permissive comme Beam (Apache 2.0). Le suisse Apertus 1.5 va plus loin en publiant aussi ses données d'entraînement. Avant de l'adopter, il faut lire la licence : la mention obligatoire et le seuil de 20 millions de dollars pour les offres de service peuvent peser sur un projet commercial.
Ce qu'on ne sait pas encore
Meta n'a décrit qu'à grands traits les données utilisées pour l'entraînement. Les scores publiés sur la fiche du modèle sont ceux de Meta, pas des mesures indépendantes. Pour suivre les prochaines annonces, consulte la page Meta et la rubrique Open source.
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Sources primaires
- Welcome Muse Spark Open: open-weight frontier multimodal mixture-of-experts model from Meta — Hugging Face, publié le 15 octobre 2026 · consulté le
- Muse-Spark-Open-816B-A42B (fiche du modèle) — Meta, sur Hugging Face, publié le 15 octobre 2026 · consulté le
- Muse Model License (Muse Spark Open) — Meta, sur Hugging Face · consulté le
- Meta unveils new 'open' AI model to rival Chinese competition — Khaleej Times (dépêche AFP), publié le 16 octobre 2026 · consulté le
- Meta Releases Wonder, Opens Spark — DeepLearning.AI (The Batch), publié le 23 octobre 2026 · consulté le
- The Open Source AI Definition 1.0 — Open Source Initiative · consulté le
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